La France expérimente un assistant IA pour 10 000 agents publics
Le 22 octobre 2025, la France a franchi une étape significative dans l’intégration de l’intelligence artificielle au sein de la fonction publique. David Amiel, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, a inauguré la phase d’expérimentation de l’Assistant IA, un agent conversationnel développé par Mistral AI. Ce projet ambitieux vise à équiper 10 000 agents publics d’un outil capable d’améliorer leur efficacité et leur réactivité face aux demandes des usagers.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large où l’intelligence artificielle prend une place de plus en plus prépondérante dans le secteur public. L’objectif est de moderniser les services, d’optimiser les processus administratifs et d’offrir un meilleur service aux citoyens. L’expérimentation de cet assistant IA constitue une réponse directe aux défis rencontrés par les agents publics dans leur quotidien.
Lancement de l’Assistant IA pour les agents publics
Le lancement de l’assistant IA représente le fruit d’un travail de collaboration entre le gouvernement et des entreprises innovantes comme Mistral AI. En effet, ce partenariat vise à renforcer non seulement la sécurité mais aussi la performance de l’assistant, qui a été précédemment accessible sous le nom d’Albert. L’État a mis en place cette phase d’expérimentation pour tester les fonctionnalités et l’efficacité de l’outil auprès des agents publics.
Les tests, qui se dérouleront à l’automne 2025, permettront de recueillir des retours d’expérience précieux. Les agents pourront utiliser l’assistant pour répondre à des questions fréquentes, rédiger des courriers ou encore préparer des synthèses. Une telle approche devrait faciliter leur travail au quotidien et améliorer l’expérience utilisateur pour les citoyens.
Ce projet témoigne de la volonté du gouvernement français de se positionner à la pointe de l’innovation technologique tout en répondant aux besoins de ses agents. Un défi qui pourrait transformer les services publics en les rendant plus accessibles et réactifs.
Partenariat avec Mistral AI
Le choix de Mistral AI pour le développement de cet assistant n’est pas anodin. En effet, l’entreprise est reconnue pour ses avancées en matière d’intelligence artificielle et de traitement du langage naturel. Le contrat signé vise à améliorer l’assistant IA en se basant sur les retours d’expériences des agents publics ayant déjà testé des outils similaires.
Le partenariat permet également d’assurer une sécurité optimale des données traitées par l’assistant. Dans un contexte où la protection des données personnelles est primordiale, ce point est essentiel pour bâtir la confiance des agents publics et des usagers vis-à-vis de l’outil.
En renforçant la performance de l’assistant, Mistral AI contribue à la création d’un agent conversationnel souverain, un équivalent de ChatGPT, spécifiquement adapté aux besoins de la fonction publique française.
Expérimentations précédentes et résultats
Avant cette nouvelle phase, une première expérimentation de l’intelligence artificielle dans les services publics avait été lancée en octobre 2024, impliquant 1 000 agents volontaires. À cette occasion, ces agents ont pu utiliser un outil d’IA pour rédiger des réponses aux avis et commentaires des usagers, ce qui a donné des résultats prometteurs.
Les premiers retours ont été très encourageants, avec 70% des agents exprimant un ressenti positif et 74% des usagers satisfaits des réponses apportées. Ces résultats démontrent que l’intégration de l’IA peut effectivement améliorer le service public et renforcer la satisfaction des citoyens.
Ces expériences préliminaires ont non seulement permis d’évaluer l’impact d’un assistant IA, mais elles ont également servi de base pour le développement du nouvel assistant qui sera mis à disposition des 10 000 agents dans le cadre de l’expérimentation actuelle.
Développement d’un agent conversationnel souverain
Le projet de développer un agent conversationnel souverain s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement pour l’intelligence artificielle. Cet agent est conçu pour être un outil complet, permettant aux agents publics de rechercher des informations, de rédiger des documents administratifs ou de préparer des comptes rendus.
Cette initiative vise à rendre la fonction publique plus efficace et à alléger la charge de travail des agents. En fournissant un assistant capable de gérer des tâches répétitives et chronophages, le gouvernement espère permettre aux agents de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.
Ce développement va également de pair avec la volonté d’assurer une souveraineté technologique, en proposant un outil adapté aux spécificités et aux exigences de la fonction publique française.
Fermeture de la plateforme actuelle de l’Assistant IA
Pour permettre cette expérimentation, la plateforme actuelle de l’Assistant IA, accessible sur albert.numerique.gouv.fr, a été fermée le 22 octobre 2025. Cette mesure est essentielle pour garantir la transition vers la nouvelle version de l’outil, qui intègre les améliorations issues des retours d’expérience des utilisateurs précédents.
La fermeture de l’ancienne plateforme marque un tournant dans l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein des services publics. Les agents devront désormais s’adapter à ce nouvel outil, qui promet de transformer leur manière de travailler.
Cette phase expérimentale est donc cruciale pour peaufiner les fonctionnalités de l’assistant et s’assurer qu’il répond aux besoins des agents tout en garantissant une expérience utilisateur optimale.
Objectifs de la Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle
La Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle (SNIA) a pour ambition de former et financer un large éventail d’étudiants dans le domaine de l’IA. D’ici 2025, l’objectif est de former 2 000 étudiants en DUT, licence et licence professionnelle, ainsi que 1 500 étudiants en master et écoles d’ingénieurs ou de commerce.
Cette démarche témoigne de la volonté du gouvernement d’intégrer l’IA dans les formations et d’accompagner la montée en compétences des futurs professionnels. En parallèle, 200 thèses supplémentaires par an seront également financées pour favoriser la recherche dans ce domaine.
La SNIA joue un rôle clé dans la préparation des agents publics et des citoyens à un avenir où l’intelligence artificielle sera omniprésente, renforçant ainsi la compétitivité de la France sur la scène internationale.
En somme, l’expérimentation de l’Assistant IA pour 10 000 agents publics représente une avancée majeure dans la modernisation des services publics en France. Ce projet, soutenu par un partenariat avec Mistral AI, vise non seulement à améliorer l’efficacité des agents, mais aussi à offrir un service de qualité aux citoyens.
À travers cette initiative, la France se positionne comme un acteur clé dans le développement de l’intelligence artificielle, tout en veillant à la souveraineté numérique et à la protection des données. Les résultats de cette expérimentation pourraient bien façonner l’avenir de la fonction publique et inspirer d’autres pays à suivre cette voie innovante.
